Leport du voile se banalise. Il n'est pourtant pas obligatoire en islam, et si le Coran le recommande, c'est dans des circonstances bien prĂ©cises. UnesalariĂ©e qui refuse d'enlever son voile au travail peut-elle ĂȘtre licenciĂ©e ? PubliĂ© le 28 avril 2021 - Direction de l'information lĂ©gale et administrative (Premier ministre) Pendantcertaines rĂ©unions, celle-ci avait refusĂ© d'enlever son voile, alors qu'un client avait fait passer un message trĂšs clair Ă  la sociĂ©tĂ© qui l'avait embauchĂ©e : la salariĂ©e devait Question J'aimerai savoir devant qui la femme a-t-elle le droit de retirer son voile. Cette question est Ă©pineuse pour les converties Ă  l'Islam qui ont de la famille non musulmane. Quisont les personnes en prĂ©sence desquelles il est permis Ă  la femme musulmane de retirer son voile ? Texte de la rĂ©ponse Louange Ă  Allah. Il est permis Ă  la femme musulmane de retirer son voile devant ses mahram. Lajeune femme a refusĂ© d'enlever son niqab expliquant qu'il lui servait de masque sanitaire parce qu'elle Ă©tait malade. ILLUSTRATION - AFP - MIGUEL MEDINA / ILLUSTRATION - AFP - MIGUEL MEDINA LapremiĂšre concerne une femme de 22 ans qui a refusĂ© d'enlever le voile couvrant son visage lors de sa comparution devant un tribunal. AprĂšs hĂ©sitations, le juge lui a finalement ordonnĂ© Seemore of Le voile de la femme musulmane on Facebook. Log In. or. Create new account. See more of Le voile de la femme musulmane on Facebook. Log In. Forgot account? or. Create new account. Not now. Community See All. 13 people like this. 16 people follow this. About See All. Contact Le voile de la femme musulmane on Messenger DĂ©couvredes vidĂ©os courtes en rapport avec devant qui peut on enlever le voile sur TikTok. Regarde du contenu populaire des crĂ©ateurs suivants : Redazere(@redazere), Indiaj8(@india_jacq), Sephâ€™đŸ‡©đŸ‡ż(@sephana.dz), User(@user1312121212_spam), Islam, Muslim (@islam_muslim.._), MaĂŻda (@_maiidaa__), ჊(@4mbbrr), +216đŸ‡č🇳đŸ‡čđŸ‡łđŸ€(@linaxx.699), Sila femme visionnaire est mariĂ©e et qu'elle se voit enlever son voile dans un rĂȘve et le brĂ»ler, cela indique que son mari lui causera du tort de la part de quelqu'un ou qu'il mourra bientĂŽt. Lorsque la femme mariĂ©e voit qu'elle achĂšte un nouveau hijab, c'est un 7v1o6yv. Question de foi Les catholiques doivent-elles obligatoirement porter un voile ? Pourquoi les religieuses catholiques portent le voile? Le pĂšre Roger Gomis, prĂȘtre du diocĂšse de Dakar, apporte des Ă©lĂ©ments de rĂ©ponse, s’appuyant sur l’histoire, les rĂ©fĂ©rences bibliques et le magistĂšre. L’histoire du voile fĂ©minin est antĂ©rieure aux religions rĂ©vĂ©lĂ©es, selon le tĂ©moignage de nombreux historiens. Et si par la suite, il a Ă©tĂ© imposĂ© aux femmes comme un signe religieux liĂ© au culte, le voile s’est progressivement retirĂ© des tĂȘtes de nombreuses femmes laĂŻques pour se limiter Ă  celles de religieuses. Mais depuis le Concile Vatican II, de nombreuses congrĂ©gations religieuses fĂ©minines y ont tout simplement renoncĂ© comme signe distinctif de consĂ©cration. Bien malin celui qui rĂ©ussira Ă  dĂ©terminer la date exacte de la tradition pour les femmes de porter le voile. Vers 1 000 ans avant JĂ©sus-Christ, il Ă©tait obligatoire pour les filles, les Ă©pouses et les concubines d’hommes libres, ainsi que pour les prostituĂ©es sacrĂ©es mariĂ©es, d’aprĂšs des historiens comme Odon Vallet. Ces femmes voilĂ©es ne devaient pas ĂȘtre touchĂ©es alors que les femmes non voilĂ©es esclaves, prostituĂ©es non sacrĂ©es ou non mariĂ©es ne disposaient d’aucune protection de leur corps. Aux temps bibliques, les femmes juives qui portaient dĂ©jĂ  le voile selon leurs traditions culturelles ne subissaient aucune pression religieuse de la Torah qui le rendait obligatoire. Et bien aprĂšs l’avĂšnement du christianisme, les femmes continuent de se couvrir la tĂȘte qu’elles soient religieuses ou laĂŻques. Saint Paul ImpulsĂ©e par Saint Paul, l’obligation du port du voile chrĂ©tien Ă©tait basĂ©e sur des motifs Ă  connotation religieuse. Paul insiste sur la nĂ©cessitĂ© pour la femme de se couvrir la tĂȘte quand elle prie ou prophĂ©tise 1 Co 11, 3-15. Elle doit porter un voile Ă  l’assemblĂ©e du culte, exprimant par ce symbole que sa dignitĂ© chrĂ©tienne ne l’a pas affranchie de sa dĂ©pendance Ă  l’égard de son mari, ni du second rang qu’elle occupe encore dans l’enseignement officiel elle ne doit pas parler » Ă  l’Église, c’est-Ă -dire qu’elle ne peut enseigner 1 Corinthiens 14,34 ; 1 TimothĂ©e 2,12 ; tel est le commandement du Seigneur » reçu par Paul 1 Co 14,37. A lire aussi Qu’est-ce qu’un cardinal ? À la suite de saint Paul, plusieurs PĂšres de l’Église Ă©voqueront la question du voile fĂ©minin, notamment Tertullien. En 213, dans De Virginibus velandis » Du voile des vierges, il demande aux jeunes filles de porter le voile hors de chez elles, comme les femmes mariĂ©es. Il ajoute Femme, tu devrais toujours porter le deuil, ĂȘtre couverte de haillons et abĂźmĂ©e dans la pĂ©nitence, afin de racheter la faute d’avoir perdu le genre humain. » Vers 67, le pape Lin interdit formellement aux femmes d’assister la tĂȘte dĂ©couverte Ă  la messe. Une mesure obligatoire qui sera confirmĂ©e, plusieurs siĂšcles plus tard par le Code de droit canonique de 1917 Quand ils assistent aux fonctions sacrĂ©es, spĂ©cialement Ă  la messe, soit Ă  l’église, soit au dehors, les hommes doivent ĂȘtre dĂ©couverts, Ă  moins que les circonstances n’imposent le contraire, ou que les usages n’exigent qu’ils restent couverts ; quant aux femmes elles doivent avoir la tĂȘte couverte et ĂȘtre vĂȘtues modestement, surtout quand elles s’approchent de la sainte table » cf. canon 1 262 § 2. L’obligation du port du voile se limitait aux lieux de culte Il ne faut pas perdre de vue que l’obligation du port du voile ne se limitait qu’aux lieux de culte. Une fois hors de l’église, aprĂšs les cĂ©lĂ©brations liturgiques, les femmes rangeaient leur voile et ne le mettaient pas dans les lieux publics. Avec le Concile Vatican II, les femmes sont autorisĂ©es Ă  entrer dans les Ă©glises sans le voile. L’obligation pour elles de se couvrir la tĂȘte n’apparaĂźt plus dans le Code de droit canonique de 1983, actuellement en vigueur. Qu’en est-il alors du voile des religieuses ? Le voile chez les religieuses remonte Ă  la tradition chrĂ©tienne monastique. Le pape LĂ©on Ier 440-461 dĂ©crĂšte que l’on ne donnerait aux religieuses le voile sacrĂ© qu’aprĂšs qu’elles avaient gardĂ© la virginitĂ© jusqu’à l’ñge de quarante ans. Autrefois, on parlait de prise de voile » pour dĂ©signer l’engagement d’une femme dans la vie religieuse. Ce voile signifie qu’elle se sĂ©pare du monde pour une plus grande intimitĂ© avec Dieu. C’est un signe de son dĂ©sir de revĂȘtir le Christ et de lui appartenir. Signe de sa consĂ©cration, le voile exprime Ă©galement que la religieuse devient Ă©pouse du Christ. Depuis le concile Vatican II, toutefois, Ă  travers le dĂ©cret Perfectae Caritatis », sur la rĂ©novation et l’adaptation de la vie religieuse, l’Église catholique a encouragĂ© les congrĂ©gations religieuses Ă  adapter l’habit religieux dont le voile signe de consĂ©cration aux exigences de la santĂ© et appropriĂ© aux circonstances de temps et de lieux ainsi qu’aux besoins de l’apostolat » cf. Perfectae Caritate, 17. C’est ainsi que plusieurs congrĂ©gations religieuses fĂ©minines ont modernisĂ© leur habit religieux et que pour bon nombre d’entre elles, le voile n’est plus obligatoire. A lire aussi Question de foi notre dossier autour de la pratique des cultes et de rites PĂšre Roger Gomis L'essayiste Caroline Fourest dĂ©nonce ce mercredi sur RMC une campagne publicitaire du Conseil de l'Europe, affirmant que "la libertĂ© est dans le hijab".Une campagne visant Ă  lutter contre l'islamophobie est au cƓur de la polĂ©mique. LancĂ©e par le Conseil de l'Europe Ă  la fin du mois d'octobre, cette campagne dĂ©fend, Ă  travers une dizaine de visuels disponibles sur le site de l'institution et diffusĂ©s sur les rĂ©seaux sociaux, le port du voile comme un choix. "Mon voile, mon choix" peut-on lire sur des photos de femmes voilĂ©es. Mais le slogan qui fait polĂ©mique c'est surtout "la beautĂ© est dans la diversitĂ©, comme la libertĂ© est dans le hijab".Sans surprise, de nombreux politiques de droite et d'extrĂȘme-droite ont promptement rĂ©agi, dĂ©nonçant notamment l'usage de fonds publics pour promouvoir le port du voile. Le gouvernement, par l'intermĂ©diaire de la SecrĂ©taire d'État chargĂ©e de la Jeunesse et de l'Engagement , a lui aussi rĂ©agit. Sarah El HaĂŻry a assurĂ© mardi soir sur LCI que "la France avait fait part de sa dĂ©sapprobation extrĂȘmement vive"."C'est trĂšs grave, c'est terrible. L'inĂ©galitĂ© est dans le hijab, Ă©tant donnĂ© que seules les femmes doivent porter le hijab et que les hommes ont la libertĂ© de montrer ce qu'ils veulent", a dĂ©plorĂ© ce mercredi sur RMC l'essayiste Caroline Fourest. La libertĂ© est dans la dĂ©mocratie, c'est la libertĂ© dĂ©mocratique qui permet Ă  des femmes de porter librement le voile dans la rue sans qu'on vienne leur demander de le retirer", ajoute-t-elle."Cette campagne ne vise pas Ă  lutter contre les agressions de femmes voilĂ©es dans la rue ce qui pourrait nous rĂ©unir mais seulement Ă  promouvoir le port du voile pour les femmes auprĂšs de la jeunesse et leur dire que la libertĂ© c'est de porter le voile", dĂ©nonce "la pire et la plus voyante" des campagnes qui existent depuis des annĂ©es. Et selon elle, ces campagnes sont organisĂ©es par le dĂ©partement inclusion et lutte contre les discriminations du Conseil de l'Europe qui travaille en partenariat avec des associations proches des FrĂšres Musulmans "Ces associations sont créées spĂ©cifiquement pour faire du lobbying auprĂšs des instances europĂ©ennes pour obtenir ce genre de campagnes". Et de citer l'European Forum for Muslim Women, la Femiso et l'European Network against Racism Enar. "L'Enar touche un million d'euros de subventions par an de notre poche pour mener des campagnes sous prĂ©texte d'anti-racisme. Ces organisations sont quasiment utilisĂ©es pour faire des formations sur la lutte contre l'incitation Ă  la haine. Mais l'incitation Ă  la haine pour eux, c'est de la lutte contre le blasphĂšme. DĂšs qu'un propos laĂŻque ou fĂ©ministe est tenu, il est considĂ©rĂ© comme islamophobe", assure Caroline selon elle, mĂȘme les pays du Golfe, trĂšs conservateurs, ont arrĂȘtĂ©, Ă  l'exception du Qatar, de financer ces Fourest dĂ©nonce Ă©galement les propos d'Eric Zemmour, le polĂ©miste d'extrĂȘme-droite dĂ©jĂ  condamnĂ© pour incitation Ă  la haine envers les musulmans, qui a rĂ©agi mardi Ă  la campagne du Conseil de l'Europe, Ă©voquant un djihad publicitaire "Les mots qu'il choisit d'employer, les sĂ©quences qu'il fait comme demander Ă  une femme dans la rue d'enlever son voile, c'est exactement ce qui nourrit la propagande victimaire des islamistes. Et les extrĂȘmes se font la courte Ă©chelle depuis des annĂ©es", ajoute l'essayiste qui plaide pour un travail "prĂ©cis et lucide" pour signaler et alerte les fondamentalistes au sein des populations musulmanes.>> A LIRE AUSSI - "La libertĂ© est dans le hijab" une campagne du Conseil de l'Europe rĂ©veille le dĂ©bat sur le voile en France Le cauchemar peut devenir rĂ©alitĂ©. L’extrĂȘme droite, sans doute, n’a jamais Ă©tĂ© aussi forte Ă  la veille d’une Ă©lection prĂ©sidentielle. Alors pour bien saisir les dommages, pour certains irrĂ©versibles, qu’une prĂ©sidence Le Pen causerait au corps social et Ă  nos libertĂ©s, Mediapart a interrogĂ© des dĂ©fenseurs et dĂ©fenseuses des droits des personnes Ă©trangĂšres, des musulmanes et des personnes LGBT, des droits des femmes, des enfants et des travailleurs et travailleuses, des reprĂ©sentantes de la justice et de l’éducation, des militantes engagĂ©es contre la prĂ©caritĂ© et les violences policiĂšres, en posant une seule question que provoquerait, trĂšs concrĂštement, une victoire de l’extrĂȘme droite le 24 avril prochain ? RĂ©ponse Ă  treize voix. Nathalie Tehio, avocate et membre du bureau de la Ligue des droits de l’homme LDH MĂȘme si l’on assiste Ă  une accĂ©lĂ©ration de la rĂ©pression et de la surveillance depuis les annĂ©es Sarkozy, en particulier ces deux derniĂšres annĂ©es, le programme de l’extrĂȘme droite reprĂ©sente une vraie rupture le cadre d’un État de droit est menacĂ©. Leur logique, c’est de s’affranchir de toute garantie et de recours possible aux juges. C’est l’instauration d’un État policier, oĂč la police dĂ©termine ce qu’elle peut faire. On lui donne un serait le cas avec la “prĂ©somption de lĂ©gitime dĂ©fense des policiers”. La loi prĂ©voit dĂ©jĂ  de nombreux cas de lĂ©gitime dĂ©fense lorsque les policiers font usage de leur arme. Dire que ce n’est pas suffisant, comme Marine Le Pen, c’est vouloir en faire une prĂ©somption indiscutable. Les policiers pourront s’affranchir des conditions qui encadrent l’usage de leur arme ou de la force en gĂ©nĂ©ral. CĂ©dric Chouviat, par exemple, a Ă©tĂ© tuĂ© Ă  l’occasion d’un simple contrĂŽle routier si l’extrĂȘme droite passe, sa famille ne pourra pas porter plainte contre les policiers. Alors qu’il est dĂ©jĂ  trĂšs difficile de faire reconnaĂźtre des violences policiĂšres, ça deviendrait quasi mesure effrayante, qui assoirait encore le pouvoir discrĂ©tionnaire des forces de l’ordre la possibilitĂ© qui leur serait donnĂ©e de porter plainte pour des attaques dont ils seraient victimes, tout en prĂ©servant leur anonymat dans les procĂ©dures. Cela ne laisserait aucune possibilitĂ© pour la personne mise en cause de vĂ©rifier la vĂ©racitĂ© des faits qui lui sont reprochĂ©s. En plus, les violences contre les forces de l’ordre entraĂźnant moins de 8 jours d’ITT sont passibles depuis janvier 2022 de 5 ans d’emprisonnement. Autrement dit vous pourrez prendre 5 ans de prison ferme pour avoir poussĂ© un policier dont vous ignorerez mĂȘme l’identitĂ©. » Marine Le Pen en meeting Ă  Perpignan, le 7 avril 2022. FanĂ©lie Carrey-Conte, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de La Cimade droits des migrantesLes candidats d’extrĂȘme droite proposent une vision fantasmĂ©e et dangereuse », fondĂ©e sur l’idĂ©e qu’il serait possible d’éliminer les migrations. Selon FanĂ©lie Carrey-Conte, leurs programmes tendent ainsi Ă  une limitation Ă  l’extrĂȘme » de l’immigration fin de l’automaticitĂ© du regroupement familial et de l’acquisition automatique de la nationalitĂ© française par mariage, rĂ©duction du nombre de naturalisations, impossibilitĂ© de rĂ©gulariser les personnes en situation irrĂ©guliĂšre
 Tout est rĂ©flĂ©chi pour rendre l’accĂšs au sĂ©jour le plus restrictif possible, dans une logique de “machine Ă  expulser” gĂ©nĂ©rant un climat de peur permanent pour les Ă©trangers. » Le droit d’asile serait vidĂ© de sa substance, avec l’externalisation des procĂ©dures traitĂ©es dans les pays d’origine ou des pays tiers et de profondes restrictions, et le droit du sol serait remis en question. À rebours du principe constitutionnel d’égalitĂ©, la “prĂ©fĂ©rence nationale” entraĂźnerait des privations dramatiques d’accĂšs au travail, aux prestations familiales ou au logement. » Bien loin de l’inconditionnalitĂ© des droits humains et la mise en avant d’une humanitĂ© commune » dĂ©fendues par La pouvoir, cette idĂ©ologie accĂ©lĂšrerait la libĂ©ration de paroles racistes et xĂ©nophobes, gĂ©nĂ©rant des actes de discrimination envers les personnes Ă©trangĂšres. Cela mĂšnerait Ă  une fracturation accrue de la sociĂ©tĂ©, Ă  des tensions sociales toujours plus exacerbĂ©es et Ă  des rĂ©gressions sociales et dĂ©mocratiques majeures pour des millions de personnes », conclut FanĂ©lie Carrey-Conte. En comptant malgrĂ© tout sur les capacitĂ©s de rĂ©sistance de la sociĂ©tĂ© Parisot, prĂ©sidente de l’Union syndicale des magistrats majoritaire On a du mal Ă  apprĂ©hender comment le programme de Marine Le Pen pourrait ĂȘtre applicable. Doubler en cinq ans nombre de magistrats, c’est trĂšs ambitieux mais irrĂ©alisable. Pour ce qui est des peines, le recours gĂ©nĂ©ralisĂ© Ă  des peines de prison ferme, prĂ©sentĂ©es comme la seule sanction efficace, la rĂ©duction des amĂ©nagements de peines et les courtes peines effectuĂ©es en prison, tout cela rendrait trĂšs insuffisantes les 85 000 places de prison qui figurent Ă  son programme. Quant Ă  la prĂ©somption de lĂ©gitime dĂ©fense pour les forces de l’ordre, c’est extrĂȘmement dangereux. Elle lĂ©gitime toute violence policiĂšre ou presque. Cela ne nous paraĂźt pas de nature Ă  amener plus de sĂ©curitĂ©. »Nils Monsarrat, secrĂ©taire national du Syndicat de la magistrature C’est trĂšs difficile de se prononcer sur ce que deviendrait l’exercice professionnel des magistrats si Marine Le Pen Ă©tait Ă©lue, car il y a un grand flou autour de son programme sur la justice – elle a assoupli son discours, mĂȘme si les fondamentaux restent. Elle met en avant une augmentation du recrutement des magistrats comme tous les candidats, ou presque, un mode de recrutement modifiĂ©, et surtout un durcissement lĂ©gislatif avec une diminution de la marge de manƓuvre des magistrats. ConcrĂštement, cela risque de poser de grosses difficultĂ©s. On risque de perdre une marge d’adaptation aux situations individuelles, de se retrouver face Ă  des situations aberrantes du type “peines planchers”, des incarcĂ©rations trĂšs brĂšves, et moins d’amĂ©nagements de risque d’aggraver la situation, avec beaucoup plus d’incarcĂ©rations et beaucoup moins de prĂ©vention et de rĂ©insertion. Les consĂ©quences de ce programme, ce serait de courtes peines d’emprisonnement, supposĂ©ment “au nom du bon sens’, c’est la rhĂ©torique habituelle de l’extrĂȘme droite. Or toutes les Ă©tudes dĂ©montrent que les courtes peines sont criminogĂšnes, qu’elles dĂ©sinsĂšrent et provoquent de la rĂ©cidive. Par ailleurs, les sorties sĂšches en fin de peine se multiplieraient ; or, l’amĂ©nagement de peine est essentiel pour Ă©viter que les gens rĂ©itĂšrent une infraction. La seule logique de ce programme reviendrait Ă  construire toujours plus de prisons et d’enfermer Ă©ternellement les gens. Ce serait la fin de l’État de droit. »Marie-Aleth Grard, prĂ©sidente d’ATD-Quart Monde Les programmes de l’extrĂȘme droite ne sont pas du tout favorables aux plus vulnĂ©rables, mĂȘme s’ils ont l’air sĂ©duisants lorsqu’on en fait une lecture rapide. Marine Le Pen fera le tri entre les “bons” et les “mauvais” pauvres, puisque ne seront aidĂ©s que ceux qui possĂšdent une carte d’identitĂ© française. À l’heure actuelle, le non-recours aux droits [faute d’information suffisante des bĂ©nĂ©ficiaires, Ă  cause de procĂ©dures complexes, etc. – ndlr] est important et je crains que ce soit plus le cas encore avec le Rassemblement national beaucoup de personnes auront peur de demander ce Ă  quoi elles ont droit. L’extrĂȘme droite veut rĂ©duire les droits fondamentaux des Ă©trangers qui permettent aux plus vulnĂ©rables d’avoir une vie Ă  Ă©gale dignitĂ© des autres, veut leur interdire l’accĂšs aux prestations sociales, aux soins, Ă  l’emploi, Ă  un logement digne et durable, Ă  l’éducation pour les enfants. On imagine trĂšs bien ce que cela peut signifier pour les gens du voyage par exemple. Alors que c’est dĂ©jĂ  bien compliquĂ© pour eux, leur vie pourrait devenir encore plus difficile. À ATD Quart Monde, nous n’avons pas rencontrĂ© les reprĂ©sentantes de l’extrĂȘme droite pendant la campagne, nous ne dialoguons pas avec eux. »Matthieu Gatipon-Bachette, porte-parole de l’Inter-LGBT Le risque est bien rĂ©el, on le constate tous les jours en tant que militantes, Ă  l’échelle locale. Quand il y a des Ă©lus RN dans les conseils municipaux ou rĂ©gionaux, ils s’opposent systĂ©matiquement aux demandes de financements sur des thĂ©matiques LGBTQI+. Si demain, on a des gens de cet acabit-lĂ  Ă  la tĂȘte du pays, ce sera trĂšs compliquĂ© de continuer de fonctionner correctement. On a peur que l’extrĂȘme droite fasse tout ce qui est en son pouvoir pour empĂȘcher le peu de prĂ©vention qui continue d’exister. Quand on voit leur intĂ©rĂȘt pour des pays comme la Hongrie de Viktor OrbĂĄn, on peut craindre une loi “anti-propagande LGBT” par exemple. En ce qui concerne la PMA, Éric Zemmour a annoncĂ© qu’il reviendrait dessus. Vu les difficultĂ©s qu’on a eues Ă  faire Ă©merger cette loi [qui a ouvert l’accĂšs aux femmes seules et couples lesbiens –ndlr], ce serait catastrophique, cela redirigerait tout un tas de couples vers l’étranger, devant payer des sommes indĂ©centes. Pour le mariage pour tous, je ne crois pas trop que l’extrĂȘme droite reviendrait dessus – cela m’étonnerait, du moins. Marine Le Pen a dit qu’elle voulait faire un moratoire de 3 ans sur les questions sociĂ©tales. Mais Ă  partir du moment oĂč vous avez des gens qui considĂšrent que les discours progressistes que portent les assos LGBT sont nuisibles, tout est possible. Ils sont prĂȘts Ă  tout. »Sihem Zine, prĂ©sidente d’Action droits des musulmans Je suis effrayĂ©e », s’alarme la militante d’une des derniĂšres associations de dĂ©fense des droits des musulmans non dissoute par le gouvernement. Ce n’est pas tant le programme de Marine Le Pen qui l’inquiĂšte que son idĂ©ologie En cas d’élection, elle aurait dĂ©jĂ  dans notre droit tous les outils Ă  sa disposition il y a dĂ©jĂ  la dĂ©chĂ©ance de nationalitĂ©, dĂ©jĂ  le retrait des titres de sĂ©jour, dĂ©jĂ  le gel des avoirs, dĂ©jĂ  la fermeture de lieux de culte, dĂ©jĂ  les Micas [les mesures administratives permises par la loi SILT de 2017 comme l’obligation de ne pas quitter une zone gĂ©ographique donnĂ©e – ndlr], la sociĂ©tĂ© civile musulmane a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© quasiment Ă©radiquĂ©e
 Elle n’aura qu’à appuyer sur l’accĂ©lĂ©rateur par rapport Ă  ce qu’a fait GĂ©rald Darmanin. Cela fait des annĂ©es que nous nous battons contre une batterie de dispositions sur lesquelles nous alertions “Imaginez qu’elles tombent entre de mauvaises mains.” » Concernant le projet de rĂ©fĂ©rendum sur l’immigration et l’identitĂ© promis par Marine Le Pen, Sihem Zine estime que, dans les faits, ça ne changera pas grand-chose. Mais elle va inscrire la discrimination dans la Constitution ». Et puis, concernant le projet d’interdiction du port du voile uniforme islamiste » selon Le Pen dans l’espace public, elle s’inquiĂšte Elle va faire quoi, leur mettre une amende ? Les mettre en prison ? Leur arracher leur voile ? Il va forcĂ©ment y avoir des accrochages et des situations qui vont dĂ©gĂ©nĂ©rer. » Quand on voit dĂ©jĂ  le projet de loi visant Ă  combattre les idĂ©ologies islamistes qu’elle avait dĂ©posĂ© en 2021, j’ai peur, poursuit Sihem Zine. Marine Le Pen mĂ©lange immigration et islamisme. Elle va instaurer un ordre moral, et si une association ne le respecte pas, ce sera la dissolution, la privation des droits civils. Tous les rĂ©seaux sociaux, les sites Internet vont ĂȘtre surveillĂ©s. Les policiers risquent Ă©galement d’avoir carte blanche. Des jeunes risquent de se faire tabasser dans la rue. Les groupuscules d’extrĂȘme droite, eux, vont avoir un sentiment d’immunitĂ© et s’en donner Ă  cƓur joie. »GrĂ©gory Chambat, enseignant Ă  Mantes-la-Ville et syndicaliste Sud Éducation, auteur de L’école des rĂ©ac-publicains la pĂ©dagogie noire du FN et des nĂ©oconservateurs » L’éducation est une obsession historique de l’extrĂȘme droite depuis 150 ans et la mise en place de l’école publique. Elle en a toujours fait un terrain d’intervention, pour faire avancer ses idĂ©es contre l’égalitĂ© et l’émancipation. Ils veulent mettre au pas l’éducation, en faire l’un des outils de leur idĂ©ologie. Cela se voit dans l’enseignement de l’histoire par exemple ce qui compte, ce n’est pas la transmission d’une histoire vĂ©rifiĂ©e, scientifique, seulement de construire un roman national. La victoire de l’extrĂȘme droite, ce serait la fin de la libertĂ© pĂ©dagogique, puisqu’elle veut remplacer la pĂ©dagogie par du dressage. Elle a la nostalgie d’une Ă©cole avec un enseignement autoritaire, vertical, uniforme [Marine Le Pen veut par exemple renforcer l’exigence de neutralitĂ© absolue » des enseignantes, accroĂźtre le pouvoir de contrĂŽle des inspections en la matiĂšre » et sanctionner les professeurs qui ne signalent pas les cas problĂ©matiques » – ndlr]. Cette nostalgie, c’est en rĂ©alitĂ© celle d’un systĂšme Ă©ducatif de sĂ©grĂ©gation sociale. À chaque fois que Zemmour parle de l’école, c’est pour dĂ©noncer une idĂ©ologie antiraciste ou les questions du budget, il y a quelque chose de trĂšs significatif dans le programme de Marine Le Pen [qui prĂ©tend accroĂźtre significativement » les heures de cours en primaire mais prĂ©voit aussi de renforcer l’orientation prĂ©coce des Ă©lĂšves » et de transformer le brevet en examen d’orientation post-3e » – ndlr] elle entend rĂ©duire les effectifs dans l’Éducation nationale, mais ceux des personnels non enseignants, c’est-Ă -dire administratifs, de cantine, secrĂ©taires... En clair enlever tout ce qui ne se voit pas, mais qui est essentiel au bon fonctionnement d’un Ă©tablissement. »Marylie Breuil, militante fĂ©ministe au collectif Double peineCette ancienne porte-parole de NousToutes s’alarme, en cas de victoire de l’extrĂȘme droite, d’un recul trĂšs net en termes d’avancĂ©es des droits des femmes et de lutte contre les violences sexuelles », jugeant les programmes des deux candidats en lice trĂšs dangereux », tant pour la prĂ©servation des droits des femmes que pour l’acquisition des droits manquants. Ils ne proposent aucune mesure concrĂšte pour lutter contre les violences sexuelles, et cette lutte est instrumentalisĂ©e en disant que les violences seraient perpĂ©trĂ©es par des personnes Ă©trangĂšres, alors que tous les chiffres montrent que les auteurs de violences sont issus de tous les milieux sociaux. Éric Zemmour est par ailleurs accusĂ© d’agressions sexuelles par huit femmes ; il n’est pas le seul, mais avoir un prĂ©sident mis en cause pour de tels faits serait un crachat aux visages des victimes ». Plus largement, les deux candidats sont opposĂ©s Ă  la PMA, au mariage pour tous et toutes, et favorables Ă  l’interdiction du voile dans l’espace public, ce qui est une entrave au droit des femmes de disposer de leur corps, Ă  leur libertĂ© de s’habiller comme elles le souhaitent. » De fait, dans les programmes de Le Pen comme de Zemmour, les droits des femmes ne sont abordĂ©s qu’à travers le prisme de la famille mesures en faveur de la natalitĂ©, opposition donc Ă  la PMA et la GPA et de la sĂ©curitĂ© lutte contre le harcĂšlement de rue » et les violences conjugales. Rien sur les inĂ©galitĂ©s femmes-hommes qui ne sont Ă©voquĂ©es qu’en lien avec l’islamisme ou la charia, ni sur les discriminations Le Pen s’est, au fil des annĂ©es, opposĂ©e aux avancĂ©es rĂ©centes en matiĂšre de droits des femmes lois instaurant la paritĂ© elle a depuis changĂ© d’avis, fĂ©minisation des titres, allongement des dĂ©lais d’IVG, etc. En 2012, elle avait dĂ©noncĂ© les avortements de confort » et plaidĂ© pour le dĂ©remboursement de l’IVG en cas de choix budgĂ©taire Ă  faire ». Quant Ă  Éric Zemmour, l’essentiel de son programme concernant les femmes repose sur une dĂ©fense de la complĂ©mentaritĂ© des sexes », de la famille » et la dĂ©nonciation de la propagande idĂ©ologique de certains lobbies » qui menaceraient ses fondements ».Marion Tambourindeguy et Marie Petruzzi, mĂ©decins du ComitĂ© pour la santĂ© des On ne pensait pas que son programme Ă©tait aussi brutal, ça fait froid dans le dos », rĂ©agissent les deux gĂ©nĂ©ralistes. En rĂ©duisant les possibilitĂ©s pour les exilĂ©es de dĂ©poser une demande l’asile, Marine Le Pen leur retirera de facto la protection maladie universelle accessible aujourd’hui aux demandeurs d'asile. La suppression de l’aide mĂ©dicale d’État AME, par ailleurs, privera les sans-papiers d’accĂšs aux soins. Or, le milliard d’euros engagĂ©s pour l’AME est utile Plus on retarde les soins des malades, plus ils y ont recours en urgence, et plus cela coĂ»te cher. Nos patients sont atteints de maladies cardiovasculaires, mais aussi de troubles psychiques, car beaucoup ont Ă©tĂ© victimes de violences, surtout les femmes. »L’élection de Le Pen serait donc une catastrophe », le dĂ©tricotage des droits irait encore plus vite », mais l’accueil des personnes exilĂ©es est mis Ă  mal depuis des annĂ©es », tiennent Ă  rappeler les deux mĂ©decins. Aux rĂ©formes de Le Pen, elles opposeraient la dĂ©ontologie mĂ©dicale qui demande de soigner toute personne sans discrimination ». Et mĂȘme si la prĂ©sidente du RN menace de sanctions pĂ©nales » les gens aidant des sans-papiers pour quelque motif que ce soit », on rĂ©sisterait », Debay, CGT, responsable du collectif confĂ©dĂ©ral chargĂ© des luttes contre les idĂ©es d’extrĂȘme droiteParce qu’elle nourrit une haine du syndicalisme », l’extrĂȘme droite voudrait cantonner les syndicats Ă  l’entreprise, pour qu’ils ne s’impliquent surtout pas dans la vie de la citĂ© » ; elle entend mĂȘme le moraliser, ce qui fait craindre le pire ». Selon Pascal Debay, qui forme des syndicalistes sur le sujet et publie des fiches pratiques, la tĂąche de dĂ©cryptage n’est pas simple les questions Ă©conomiques et sociales sont le cƓur de l’ambition de normalisation du RN ». Marine Le Pen est en train de capter la colĂšre sociale » mais ne propose que des recettes libĂ©rales ». Et son projet, centrĂ© sur la prioritĂ© nationale, ne fera que diviser » les salariĂ©es. L’extrĂȘme droite pointe l’immigrĂ© pour mieux servir les exploiteurs », poursuit celui qui ne voit rien de social » dans le projet du RN. Le Pen ne dit rien sur les salaires, Ă  part baisser les cotisations. Rien sur la rĂ©duction du temps de travail. Elle refuse d’augmenter le Smic. Et sur les retraites, ce n’est pas progressiste pour partir Ă  60 ans, il faudrait travailler 40 ans. Cela s’adresse Ă  une extrĂȘme minoritĂ©. » Lyes Louffok, militant des droits de l’enfant Ce qui m’inquiĂšte le plus, c’est le sort des MNA [mineurs Ă©trangers non accompagnĂ©s, dont la prise en charge est confiĂ©e aux services de l’aide sociale Ă  l’enfance de chaque dĂ©partement – ndlr]. Marine Le Pen les voit comme un poids, comme s’ils Ă©taient responsables de l’explosion du systĂšme de protection de l’enfance. Ce discours est abject et faux scientifiquement. Au nom de la “prioritĂ© nationale”, elle mĂšnerait une politique clairement raciste en remettant en cause, Ă  leur Ă©gard, le principe de “prĂ©somption de minoritĂ©â€, prĂ©vu par la convention internationale des droits de l’enfant un enfant doit ĂȘtre prĂ©sumĂ© mineur le temps que des investigations soient menĂ©es [pour vĂ©rifier son Ăąge – ndlr]. Ces investigations sont dĂ©jĂ  trĂšs maltraitantes en France avec des tests osseux, etc., mais Marine Le Pen ne ferait qu’aggraver la situation. Cette inquiĂ©tude est aussi liĂ©e Ă  sa promesse de “recentraliser” la protection de l’enfance [afin que l’État reprenne la main sur les dĂ©partements – ndlr]. Cette “recentralisation” de l’ASE, c’est l’une de nos revendications de longue date – un prĂ©alable Ă  toute rĂ©forme systĂ©mique. Mais chez Marine Le Pen, ce serait un moyen de s’assurer que l’accĂšs Ă  une protection est partout restreint pour les MNA au lieu de les protĂ©ger, elle les laisserait en Ă©tat de dĂ©shĂ©rence totale, livrĂ©s Ă  tous les dangers. À tout prendre, si le RN arrivait au pouvoir, je prĂ©fĂšrerais encore que les dĂ©partements conservent la responsabilitĂ© de l’ASE. »Danyel Dubreuil, coordinateur d’une plateforme de lutte contre la prĂ©caritĂ© Ă©nergĂ©tique baptisĂ©e RĂ©novons ! » RĂ©seau Action Climat, Fondation AbbĂ© Pierre, Enercoop... Sur la prĂ©caritĂ© Ă©nergĂ©tique, problĂ©matique qui touche 12 millions de Françaises et de Français, Le Pen comme Zemmour restent dans l’incantatoire. Parce que vu le nombre d’emplois Ă  crĂ©er pour la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique, cela les amĂšnerait sur un terrain oĂč ils n’ont pas envie d’aller, quand on sait d’oĂč est originaire la main-d’Ɠuvre du BTP, et sachant que, dans l’histoire, ce sont les immigrĂ©s qui ont reconstruit la France de l’aprĂšs-guerre. RĂ©nover les passoires Ă©nergĂ©tiques, tout en faisant en sorte que les plus pauvres ne soient pas confrontĂ©s Ă  des coĂ»ts insurmontables, cela nĂ©cessite beaucoup d’aides et d’investissements publics qui ne sont pas dans le logiciel de l’extrĂȘme droite. Par ailleurs, notre travail de dĂ©tection et d’accompagnement des mĂ©nages en prĂ©caritĂ© Ă©nergĂ©tique est portĂ© par un maillage associatif ; or, via les expĂ©riences municipales, on sait quelles relations entretient le RN avec les associations, en leur imposant, notamment, de ne travailler qu’avec certains publics. De mĂȘme, on sait que l’extrĂȘme droite veut insĂ©rer dans tout systĂšme d’aide des Ă©lĂ©ments de discrimination, de prĂ©fĂ©rence nationale. Sachant que les prĂ©caires Ă©nergĂ©tiques se situent notamment dans les Ăźlots de pauvretĂ© des zones urbaines denses, oĂč sont historiquement concentrĂ©es les personnes issues de l’immigration et/ou de la colonisation, une victoire de l’extrĂȘme droite serait un dĂ©sastre social sur le front de la rĂ©novation, du climat et de la lutte contre la pauvretĂ©. Idem pour toutes les personnes qui sont parvenues Ă  accĂ©der Ă  la propriĂ©tĂ© aprĂšs la deuxiĂšme voire troisiĂšme gĂ©nĂ©ration, et dont les petits pavillons Ă  cinquante kilomĂštres du centre des mĂ©tropoles ou dans les territoires pĂ©riurbains sont des passoires Ă©nergĂ©tiques. »